松本清張 / Matsumoto Seichō

 

Matsumoto Seichō est un écrivain de roman policier japonais né le 21 Décembre 1909 à Hiroshima et mort le 4 Aout 1992 à Tōkyō.

C’est l’un des auteurs les plus populaires et les plus connu tant au Japon qu’à l’étranger, paradoxalement il n’est guère traduit en occident et spécialement en français où on ne compte qu’à peine cinq ou six oeuvres. Pourtant il a écrit plus de 400 romans et presque une centaine de nouvelles, histoires courtes ou récits historiques. C’est un des auteurs les plus productifs que je connaisse.

 

En 1958, date de sa première publication en français, les éditeurs le surnomme le « Simenon japonais », un slogan pour faire vendre car il est inconnu des français à l’époque. Le rapprochement est facile, en effet tous deux écrivent des romans policiers dont l’action se déroule le plus souvent dans les couches populaires de la société.

 

Son roman le plus célèbre, à l’étranger comme au Japon, demeure « Ten to Sen » [点と線] littéralement « points et lignes » et qui fut publié sous le titre « Le rapide de Tōkyō » puis « Tōkyō Express« . C’est sans doute l’un de mes 10 romans préférés, l’énigme s’articule autour d’un meurtre presque parfait à l’apparence de double suicide qui semble avoir un rapport avec un train, le fameux rapide de Tōkyō justement. Je n’en dis pas plus pour ne pas vous gâcher l’intrigue qui est une des plus remarquablement bien ficelée que j’ai eu à lire. Matsumoto n’a rien à envier à Simenon ni même à Agatha Christie.

 

Un des aspects les plus intéressants pour moi dans l’oeuvre de Matsumoto c’est cette fenêtre temporelle ouverte sur le Japon des années cinquante que sont chacun de ses ouvrages. On entre chez les gens, dans les rues, les maisons, les bars et bien souvent les gares car il est souvent question de trains dans ses livres, on peut y sentir les odeurs et le temps qui passe. C’est un ravissement perpétuel à chaque lecture.

Et puis bien sûr, comme je l’ai dit au dessus, ses intrigues sont incroyablement complexes, et c’est toujours au prix d’inlassables efforts que le où les enquêteurs parviennent à finalement débrouiller le mystère. Quand je dis le ou les enquêteurs c’est que ces enquêtes, qui sont frappés d’un réalisme saisissant, nécessite le concours de plusieurs inspecteurs qui ne fondent aucune alliance sacrée, ne se rencontrent généralement pas et n’ont d’ailleurs qu’une vague idée les uns des autres. On n’est pas dans l’exploit, le suspens ni le danger, ni dans l’éloge non plus du policier héroïque et acharné, prototype du mâle alpha qui suit son intuition et prends des risques pour aller jusqu’au bout au mépris de toutes les lois et du règlement. Non ! Ici on est dans le quotidien du policier consciencieux et curieux qui connaît bien son boulot et qui l’accompli jusqu’au bout avec patience et opiniâtreté, simplement mené par son besoin profond de rassembler et de comprendre ce qui lui échappe. Le stéréotype du vrai flic au fond, et c’est sans doute pour ça qu’on l’a rapproché de Georges Simenon parce qu’on est plus près de Maigret que de Mike Hammer.

 

Alors voilà c’est à peu près tout ce que j’ai à en dire, en espérant vous avoir donné le goût de le découvrir si vous ne le connaissez pas.

Bonne Lecture

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