横溝正史 / Seishi Yokomizo

Yokomizo Seishi est un écrivain de roman policier né le 24 Mai 1902 à Kōbé et mort le 28 Décembre 1981 à Tōkyō d’un cancer du colon.

Au départ c’est le fils d’un pharmacien, et il suivra donc des études….de pharmacie ! Un peu avant ça, à la fin de son premier cycle d’études, il est engagé par la première  succursale de la banque Daiichi à Kobe, il a 18 ans. L’année suivante, 1921, il verra primée et publiée sa première nouvelle 『 恐ろしき四月馬鹿 』qu’on pourrait traduire par « Un épouvantable mois d’Avril »  par le magazine Shin-seinen (梓青年/ « Nouvelle jeunesse »). C’est déjà une affaire de meurtre, car c’est un lecteur assidu d’enquêtes policières mais ça reste ce qu’on appelle alors un « travail de jeune fille ».

En 1924 il obtient son diplôme de pharmacien et commence à travailler à la pharmacie familiale car son père est sceptique à l’idée de le voir devenir écrivain, mais deux ans plus tard, en 1926, il répond à l’invitation d’Edogawa Ranpō et part à Tōkyō où il entre à la maison d’édition Hakubunkan. Il sera traducteur et rédacteur en chef de plusieurs magazines dont Shin Seinen et surtout le très populaire « Bungei Club » (« le club littéraire »).

 

En 1932 le magazine cesse de paraitre, il démissionne et décide de se consacrer entièrement à l’écriture.

 

Cependant en 1934, alors qu’il est atteint de tuberculose son état s’aggrave et il part forcé suivre un traitement médical au sanatorium de Fujimi, au pied du mont Yatsugatake dans la préfecture de Nagano. Il y écrira son premier roman « Onibi » 鬼火 qu’on peut traduire par « Feu Follet » au rythme de 3 à 4 pages par jour pendant 3 mois, le laissant complètement épuisé. Le roman subira plusieurs censures et nombres de remaniements dans sa publication qui sera surtout locale et s’étalera sous forme d’épisodes sur plusieurs années plongeant Yokomizo dans une pauvreté extrême. A cause des restrictions économiques la streptomycine est rare et très coûteuse, il ne peut donc bien se soigner et ni se nourrir non plus. Il avait ainsi coutume de plaisanter à ce sujet en disant : « Qui le premier, de la faim ou de la maladie aura ma peau ? »

 

Heureusement à la fin de la guerre, l’approvisionnement des denrées s’améliore grandement et le marché connaît un effondrement brutal des prix, l’antibiotique est alors facilement disponible. La publication de ses nouvelles devient également plus aisée et à partir de là il enchaînera de véritables romans les uns après les autres sans démentir son succès, méritant son titre de « maître du roman policier » jusqu’au début des années soixante où un nouveau genre fait son apparition, appelé « Sakai hasui rishōsetstu » (社会派推理小説) littéralement le « roman mystère de l’école sociale » ou « roman mystère sociologique » dont le chef de file est Matsumoto Seishō

 

Ce qui a fait la force de Seishi Yokomizo c’est surtout que fervent lecteur d’histoire policière, il lit les auteurs occidentaux qui sont les maîtres du genre, ainsi il reprend la trame narrative à l’occidentale pour la marier avec le mysticisme populaire japonais. Ses histoires annoncent toujours un aspect fantastique ou surnaturel propre au Japon je dirai, mais qui se révèlera être une intrigue rythmée et extrêmement bien ficelée finalement démêlée par le surprenant et flegmatique inspecteur Kosuke Kindaichi dont la sapience l’emporte toujours.

 

Kosuke Kindaichi est à la littérature japonaise ce qu’Hercule Poirot ou Ellery Queen sont à la littérature anglo-saxone. L’inspecteur menera nombre d’enquêtes, 77 en fait sous la plume de son créateur, et vivra éternellement sur tous les formats. Il fut immortalisé à la télévision, ainsi qu’au cinéma par le réalisateur Kon Ichikawa (市川 崑) et l’interprète Koji Ishizaka (石坂 浩二) dans les années 70, puis incarné de nos jours plusieurs fois par Kitano Takeshi (北野 武). Il existe même en manga et en animé sous la forme de son descendant Hajime Kindaichi un lycée de 17 ans fort peu passionné par ses études et qui, à l’instar de son grand-père, se retrouve par hasard mêlé à de sombres histoires de meurtre qu’il élucide grâce à son patrimoine génétique de détective.

 

 

Alors malheureusement on ne peut que déplorer le fait que, de même pour ses contemporains, Yokomizo Seishi est très peu traduit en français. On ne trouve que 3 romans de lui en tout et pour tout sur les 83 qu’il a écrit ! Il en va de même pour Seisho Matsumoto.

Donc vous pouvez lire « Le village au huit tombes« (八つ墓村)  et « la ritournelle du démon » (悪魔の手毬唄)  aux éditions Picquier et « la hache, le koto et le chrysanthème » (犬神家の一族) en Folio poche. Trois enquêtes du fameux Kosuke Kindaichi qui ne vous décevront pas !

 

Bonne lecture !

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